Journée mondiale des abeilles

Journée mondiale des abeilles

A la rencontre de nos amies pollinisatrices

En ce 20 mai, journée mondiale des abeilles, mettons à l’honneur ces insectes indispensables à la nature et à notre alimentation :

Une abeille forte et têtue : l’abeille noire

L’abeille noire, ou apis mellifera mellifera (porteuse de miel), est venue d’Orient il y a un million d’années. Au fil du temps, toute la palette colorée des abeilles a tour à tour été à l’honneur en apiculture : l’abeille jaune, puis la grise, puis la brune. Mais bien avant elles, il y a moins d’un siècle, l’abeille noire, présente partout en Europe, était l’unique espèce peuplant les ruches.

            Mais, avec pour seul objectif d’obtenir des récoltes de miel de plus en plus importantes, les apiculteurs, sans aucun souci des insectes, ont effectué des sélections pour créer en quelque sorte une « abeille idéale » à leur disposition et à leur merci. Ainsi l’abeille noire, pourtant courageuse combattante face aux prédateurs et aux intrus, a été délaissée par l’homme, qui lui reproche d’être trop indépendante, trop défensive et insuffisamment productrice de miel ! Bref : d’avoir mauvais caractère ! Elle a pourtant bien raison la petite abeille noire  : elle réagit au stress des manipulations qu’on lui inflige et elle oblige les hommes à adopter des pratiques apicoles qui respectent sa nature.

             Rencontrez cette espèce d’abeille pour mieux contribuer à sa préservation :

            Quel caractère !

            L’abeille noire est à moitié domestique et à moitié sauvage, même si son comportement la classerait plutôt dans la seconde catégorie. Cette classification hybride pose du reste problème, car seules les espèces sauvages peuvent être légalement reconnues comme menacées. Pourtant, elle est bel et bien menacée puisqu’aujourd’hui, elle ne représente plus que 10% de la population des abeilles mellifères en France et a complètement disparue chez nos voisins allemands !

            Cette abeille à l’abdomen volumineux est bourrée de qualités. Le fort caractère, le courage et la ténacité déjà cités, mais aussi une capacité extraordinaire de résistance et d’adaptation aux plantes et au climat. Elle sait faire face à des conditions hivernales extrêmes en consommant son miel avec parcimonie. Ce processus de régulation augmente considérablement ses chances de survie.

            Sa frugalité et sa vivacité forcent l’admiration. Sa trompe courte tapissée de nombreux poils font d’elle une exceptionnelle récolteuse et une excellente disséminatrice de pollen. L’abeille noire assure ainsi la survivance de toutes sortes de plantes sauvages et contribue au rendement et à la qualité d’une grande partie des productions agricoles.

            L’abeille noire est une butineuse irremplaçable : rarement malades, ses ouvrières sont connues pour leur longévité. Leur production de miel, pour être moindre, n’en est pas moins bien régulière et la pollinisation assurée de façon constante et variée, 365 jours par an.

Pour la protéger, nous devons :

  • Accélérer la suppression des pesticides et des engrais chimiques
  • Abandonner le dogme de la rentabilité apicole
  • Favoriser des pratiques respectueuses de la nature indocile de notre abeille noire. Quelques apiculteurs, très attachés à ses qualités d’animal sauvage, refusent d’avoir recours à la sélection pour obtenir des abeilles plus dociles, s’opposant ainsi à une apiculture productiviste uniquement fondée, comme pour l’élevage industriel, sur le rendement.
  • Créer des conservatoires d’abeilles noires, où les ruches ne sont pas déplacées ni les insectes sur-nourris. Une quarantaine existent déjà en Europe. En France, celui de l’île de Groix, au large des côtes bretonnes, abrite un sanctuaire unique au monde qui permet de préserver l’abeille noire dans son milieu naturel et de transmettre son patrimoine génétique unique. La  Fédération Européenne Des Conservatoires de l’Abeille Noire (FEDCAN) joue à cet égard un rôle primordial.

            Vous, habitantes et habitants de Strasbourg, vous pouvez :

  • Planter votre « Zone de Bzzz » et semer des graines de plantes méllifères en transformant vos jardin et balcons en terres d’accueil pour les insectes pollinisateurs
  • Semer des bombes à graines sauvages, coquelicot, plantain, chicorée, dans une jardinière solitaire ou un pot de fleurs abandonné
  • Soutenir les actions qui agissent pour l’environnement
  • Modérer votre consommation de miel : en effet, se nourrir de leur propre miel est vital pour les abeilles méllifères

En s’associant aux autres gardiens du vivant que sont, entre autres, les maraîchers, les apiculteurs d’hier doivent être les protecteurs apicoles de demain.

            Mais abeille ne signifie pas forcément miel. La majorité des espèces d’abeilles n’en produisent pas. Il ne faut pas oublier le rôle essentiel de la pollinisation pour la biodiversité et la nécessité de maintenir des espaces de vie pour les insectes pollinisateurs. En effet, 30% de notre alimentation dépend de la pollinisation et les abeilles sauvages manquent à la fois d’espaces naturels dans lesquels elles pourraient construire leur nid mais également trouver de quoi se nourrir.

Sur ces aspects, vous pouvez facilement agir à votre niveau : sur vos balcons / terrasses ou jardins, pensez à planter des fleurs mellifères. Pelouse tondue et géraniums ne sont pas les meilleurs alliés pour favoriser la présence des insectes pollinisateurs.

            Et pour finir :

            “Le bonheur pour une abeille ou un dauphin, c’est d’exister. Pour l’homme, c’est de le savoir et de s’en émerveiller.”

Marie-Françoise Hamard,

Conseillère municipale déléguée aux animaux dans la ville

1 réflexion sur “Journée mondiale des abeilles”

  1. cfbb5f275fde17f72b37f5d1884d3af8?s=50&d=mm&r=g

    Dessinatrice, je vous propose de découvrir sur ce sujet une série de dessins aux crayons de couleur évoquant, par une suite d’abeilles mortes, la pollution par les substances chimiques et les pesticides utilisés dans l’agriculture. Il n’y a pas que les grosses bêtes qui disparaissent …. A découvrir : https://1011-art.blogspot.com/p/vous-etes-ici.html
    (série présentée au Muséum de Genève à partir d’octobre 2021).
    Mais aussi, en lien direct, une réflexion sur l’utilisation des produits phytosanitaires : https://1011-art.blogspot.com/p/hommage-magritte.html

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